1 avril 2011

Un tout petit peu de moi...

Seigneur, ça fait tellement longtemps que je ne suis pas venue ici... Je ne sais même pas par où commencer...


Pendant ma grossesse, je n'avais plus le goût d'écrire, je ne sais pas pourquoi, pourtant écrire, c'est ma plus grande passion ! Je croyais avoir perdue cette passion avec la montée d'hormones. Heureusement, je m'étais royalement trompée...


Ma tête est tellement pleine, que je ne sais plus quoi écrire, ni sur quel sujet... J'ai tellement d'idées, que je dois prendre des notes sur des bouts de papiers, mais j'ai tellement de bouts de papiers, que je les perds, donc je perds mes idées !


J'ai toujours eu la tête qui débordait d'idées, ça se bouscule toujours dans cette cabane à "Moineau" là ! J'ai de la misère à me concentrer sur une chose car je pense à 36 autres affaires en même temps. Je n'aime pas prendre un bain ou ne rien faire, car je pense encore plus dans ces moments là...


Quand le bon Dieu a donné le bouton "Off", j'étais occupé à penser à je ne sais quoi, alors j'ai manqué cette option... Alors, comme je pense à trop de choses, quand vient le temps de parler, j'ai du mal à vraiment exprimer ce que je pense vraiment... C'est pas clair hein ???


Tout ça pour dire que dans le fond, je suis bien meilleure pour écrire que pour parler... Je ne veux pas dire par là, que j'écris bien... Mais simplement que c'est beaucoup plus facile pour moi, de mettre mes pensées et mes émotions sur papier...


Quand j’étais petite, je n’avais personne à qui je pouvais vraiment me confier en dehors de ma mère. Et même si on a une mère merveilleuse, on ne veut pas toujours tout lui dire. Il y a certaines choses qu’on aimerait mieux raconter à une autre personne que notre maman chérie. Moi, je n’avais personne… Alors, j’ai commencé à écrire, ce n’était pas facile de me plonger ou replonger dans mes états d’âme, passé, présent ou même futurs… Je ne savais pas gérer mes émotions, alors j’ai tout mis sur papier. Je dois avoir utilisé, au moins la moitié des arbres de l’Abitibi et fait vivre les compagnie de crayon HB à tout écrire ce que j’avais sur le cœur.


J’ai grandie en écrivant, j’ai évoluée en gravant sur mon précieux papier, mes secrets, mes souvenirs et mes états d’âmes. Écrire était devenu ma meilleure amie, écrire était devenu une libération, écrire était devenu un besoin, écrire était devenu ma sécurité et ma tranquillité d’esprit… Pas une journée passait sans que quelque part sur un bout de papier, dans un cahier ou encore sur un beau papier à lettre parfumé, je ne partageais ma vie avec l’écriture. Comment vivre sans ma dose….


Et ce besoin d'écrire ne m’a pas quitté, il me travaille les entrailles, j'y pense tout le temps. Avec trois enfants, les bonnes occasions se font beaucoup plus rares. J'ai aussi peur, de ne pas être assez bonne, de ne pas être lue. Mais dans le fond, est-ce vraiment important ?


Oui, la récompense est d’être lu, mais pour qui j’écris dans le fond ?


POUR MOI, pour me faire du bien, pour me vider l’esprit, pour alléger mes peines, pour partager mes bonheurs. Pour garder en souvenirs les moments les plus marquants de ma vie. Écrire c’est ma thérapie !


Une autre de mes passion… Ce n'est pas un secret pour personne, j'aime, non j'adore être enceinte. Avoir un enfant reste ce qu'il y a de plus fort comme émotion à vivre pour moi. J'aime tellement ça, que je serais enceinte à chaque année ! Par contre cette dernière grossesse a été si merveilleuse, à quelques détails près... Pourtant, ce qui devait être ma plus belle réussite, c'est transformé en mon pire cauchemar.


Plusieurs personnes me demande de leur écrire mon récit d'accouchement... Je ne cesse de répéter, oui, oui... En fait, j'en suis incapable... Quand j'écris, je me plonge dans un autre univers, comme je suis dyslexique, je dois énormément me concentrer pour lire ou pour écrire. Sans quoi, je n'arrive à voir un tas de tâches noires entremêles les unes aux autres. Pas évident de ce concentrer avec trois enfants !!! Le seul temps ou je peux écrire est lorsque ma famille est endormie, lorsqu'un silence quasi-total règne dans ma maison. À ce moment précis, il se passe quelque chose de magique entre moi et mon âme, un espèce de fusion. Et lorsque je suis dans cette fragilité d'esprit, je revis, ce que j'écris avec presqu'autant d'intensité que lorsque c'est arrivé pour vrai...


Pour écrire sur ce qui nous passionne, sur un sujet de l'actualité ou sur un fait cocasse ce n'est pas trop difficile. Mais quand on doit, se pencher sur un événement qui est venu causer une brèche à notre âme, ce n'est plus du tout la même chanson. Ça devient difficile, pour ne pas dire insupportable d'écrire où de raconter ce dit événement. La naissance de mon fils, fait partie de ces fragiles moment de ma vie, où tout aurait pu basculé du mauvais côté...


Je vais l'écrire mon récit d'accouchement, quand mon cœur et mon âme seront assez solide pour revivre le plus dur moment de toute ma vie.


Ce soir, j'ai de l'inspiration, je devrais travailler sur mon roman, mais j'ai envie d'écrire sur quelque chose de plus personnel. En fait, j'écrirais 10 articles en ligne. Le problème est le suivant : Si j'écris 10 articles se soir, seulement 2 ou 3 seront lus. Comme l'un des plaisirs d'écrire est d'être lu, je ne gâcherai pas mon fun...


En fait, ce soir, c'est comme un comming out pour moi, c'est mon retour à l'écriture après une très longue pause. Une trop longue pose... Mes doigts se sont ennuyés de cette sensation inexplicable qui me procure un si grand bien être, quand ils tapotent le clavier. Mes oreilles se sont ennuyés du tambourinement des pas de danse de mes doigts sur mon chaleureux clavier de portable. D'autant plus que c'est le méga silence dans ma maison alors, ces petits détails, je les vis encore plus profondément. Je les apprécie encore plus profondément. Mon esprit et mes mains sont en symbiose parfaite pour vous offrir chacun mots que vous lisez en ce moment.


Vais-je me retenir et n’écrire qu’un seul article ? J’ai bien peur que oui… Il est passé minuit et demain, sera une grosse journée. Mais ne vous inquiétez pas, je ne serai plus aussi longue à venir vous offrir une partie du trésor qu’est ma vie. Mon besoin de caresser mon clavier pour y vider mon esprit est trop fort pour vous laissez quelques mois sans article. Non, je ne ferai pas de promesse car je ne peux être certaine de les tenir. Mais je vais écouter ma passion pour l’écriture qui bat de concert avec mon cœur et je vais venir vous partager un petit peu de moi, pour vous, sur ce blogue !!!


Merci de me lire !


Nadia
xxx

6 décembre 2010

Comme dans l'temps...

Dans quelques jours je vais avoir trente et un ans... En pensant à ça, j’ai soudainement eu envie de me replonger vingt ans en arrière et de me rappeler mes 11 ans...

Lors de mon anniversaire pour mes onze ans, j'ai reçu une radio cassette. Vous y pensez, des cassettes audio…Il me semble que c’est une antiquité quand j’y repense… Et si, j’y repense vraiment bien, c’est incroyable l’avancée technologique dans les vingt dernières années…Par contre, je suis de ceux et celles qui pensent que la technologie n’apporte pas que du bon…

Si ma mémoire est bonne…Il y a eu les vinyles qu'aujourd'hui valent une fortune pour les collectionneurs. Ensuite il y a eu une sorte de cassette qui ressemblait aux premières cassettes Nintendo. Sont venues ensuite les cassettes et plus tard les CD. En attendant les prochaines nouveautés dans le domaine musical… Parlant de Nintendo, on est maintenant loin de nos vieux Nintendo où il fallait souffler dans la cassette, pour essayer, je dis bien essayer de jouer une partie... Maintenant on peut y jouer sans manette... Je n’ose même pas imaginer ce que ça sera quand nos enfants auront trente ans…

L'été de mes onze ans, ma mère m'avais achetée une revue, je ne me souviens pas du nom, mais il y avait une section de correspondance... Alors, j'avais demandé à ma mère de m'acheter les plus beaux papiers à lettre. J'avais donné une deuxième vie, à une boîte à chaussure en la recyclant en une jolie boîte où j'y entreposerais mes papiers à lettre afin qu'ils ne perdent pas leur parfum. Ensuite, je m'étais bien installé dans mon lit, et avec tout le sérieux qu'une petite fille de onze ans peut avoir, je partais à la conquête des demandes de correspondance de ma super revue. J’étais assoiffée d’écriture, je voulais user mes mines de crayons sur mon beau papier et avoir mal au poignet à force de trop écrire… Sur toutes les demandes de correspondances, deux avaient retenues mon attention. J’étais convaincue d’avoir trouvé les correspondants parfait… Je me décidais donc, à leurs envoyer une belle lettre avec mon beau papier qui sentait si bon et je me suis mise à attendre leur réponses…

Est-ce que j’ai attendue en vain ??? Ce n'est pas ce qui compte... Ce qui compte c'est qu'aujourd'hui, si je veux écrire à une personne, j'ouvre mon laptop et j'envois un courriel ou encore je prends mon super cellulaire et j'envois un sms... Je suis la pro du message texte, j’aime mieux écrire que parler alors je ne téléphone plus j’écris… Et si je veux me faire des nouveaux amis, bien il y a Facebook. Même les cartes de fêtes et les cartes de Noël, on ne les envois plus par voie postale mais bien par courriel de nos jours. La magie d'une carte de noël réside dans l'amour qu'on y met en l'écrivant, en léchant l'enveloppe ou en collant le timbre. La magie est dans notre main qui devient endolorie à raison d’écrire toutes ces cartes ou encore dans le sourire de la personne qui la reçoit... Aujourd'hui quand on reçoit une carte de Noël, elle vaut deux fois plus chères à nos yeux car on sait à quel point c’est une belle attention. Surtout quand on pense à tous les moyens plus faciles de faire parvenir nos vœux du temps des fêtes à nos proches...

Les villes ont investies des millions dans les années 90 à vouloir moderniser leurs rues, leurs lampadaires et leurs devantures de magasins. Aujourd'hui le maire de notre ville, nous annonce qu'il y aura un budget de x millions pour refaire l'image de la rue principale et comme par hasard, on va lui donner un look, un peu plus vieillots... Comme autrefois...

À la fin des années 90 au secondaire, c'était cool, on pouvait appeler nos profs par leurs prénoms... Aujourd'hui, en maternelle, il faut dire Madame "x" ou monsieur "y" … Enfin un peu de politesse et un peu de respect. Je suis bien heureuse que les institutions veulent faire un retour en force du vouvoiement… Mais encore là, on veut revenir en arrière, car on se rend compte que certaines choses ne devraient pas être dépassées par l’avancement de l’homme…

Au secondaire comme menu, on avait le lundi des pogos, le mardi de la pizza, le mercredi (j'ai oublié) et le jeudi de la poutine...Comme vous pouvez le constater, le menu était très santé… Aujourd'hui, les nutritionnistes et les médecins capotent parce que le taux d'obésité est à la hausse. Alors, on nous parle de tous les bords et tous les côtés qu'il faut bien s'alimenter, pour ne pas avoir le cancer, de diabète ou pour éviter de faire un AVC. C'est absolument vrai qu'il faut bien manger, mais depuis plusieurs années le "fast food" est en force et ce partout… Autre fois, on mangeait beaucoup mieux, l'espérance de vie était peut-être moins longue mais au moins, le diabète et le cholestérol n'étaient pas chose courante…

Autrefois, il fallait tourner une manivelle pour démarrer le moteur de notre voiture. Aujourd'hui avec le démarreur à distance, on part notre char une heure à l'avance pour être sur de ne pas se geler le derrière en hiver... Même en été, il y a des gens qui utilisent leur démarreur avec l'air climatisée dans le tapis… Pour eux la couche d'ozone est beaucoup moins importante que le fait de suer trois minutes dans leur auto le temps de subir les effets positifs de l'air conditionnée. Le gouvernement se voit dans l'obligation d'investir des milliards pour enrayer l'effet de serre causé par l'homme et son besoin de confort.

Je suis pour l'avancement médical, il faut enrayer le cancer, il ne devrait plus avoir un seul enfant pris avec une maladie incurable. Ce mot ne devrait même pas exister "incurable"… Pourtant, il y a je ne sais combien d'années, les chercheurs se sont mobiliser pour trouver un vaccin contre la choléra et la malaria. Aujourd'hui, ils inventent des maladies pour vendre des vaccins et faire, faire des millions aux compagnies pharmaceutiques...

Je ne parle même pas des ordinateurs, des téléphones cellulaires qui en 1996 ressemblaient à une boîte à soulier noire. Et qui aujourd'hui, on peut écouter la télé dessus... Vive la technologie !!! Technologie qui nous facilite tellement la vie mais qui détruit notre planète à la vitesse grand V.

Je sais qu'on a besoin de la technologie pour sauver du temps, parce qu'avec le coût de la vie, les mamans ne peuvent plus se permettre de rester à la maison comme lorsque nous n'étions que des enfants. Que nous manquons littéralement de temps. On arrive de travailler il est près de 18h00, personne n'a mangé, les bains ne sont pas donné, les devoirs ne sont pas fait. Ensuite, il y a la vaisselle et à 21h00 on peut espérer s'assoir. Mais pas trop longtemps, il ne faut surtout pas se coucher trop tard, car le réveil sonnera tôt lui, le lendemain matin. Alors il faudra, se préparer, préparer les enfants, chercher un soulier ou une mitaine, gérer une chicane où deux, entre les sœurs et les frères, s'obstiner avec nos enfants pour qu'ils mangent et ensuite qu'ils se dépêchent. Et là, il faudra aller les porter à la garderie et à l'école. De nos jours, ça ne marche plus ces enfants là, bien trop fatiguant… Ensuite, il faut se rendre au travail, tout ça avant 8h00, car il ne faut surtout pas arriver en retard, on va se faire couper des heures sur notre paye et on n'en a surtout pas les moyens... Alors, oui nous avons besoin de technologie, car on a même pas le temps d'aller à la poste. Alors encore moins le temps de faire la file pendant une heure à la caisse le jeudi soir pour payer nos factures comme dans le temps...

Tout ceci semble bien stressant… Ça l'est… Ce n'est pas pour rien que de plus en plus de gens sont en burn-out ou en dépression. On a des vies de fous, si au moins on pouvait se reposer le week-end, mais non… On doit faire l'épicerie, le ménage, le lavage, aller porter les enfants chez des amis, ou au hockey ou à la danse. Ensuite un souper entre amis ou en famille, faut bien avoir une vie sociale… Première chose que l'on se rend compte… Il est dimanche soir vingt heure, les enfants ont oubliés un devoir, le linge est pas fini de plier et déjà une autre semaine qui commence. Au lieu de jeter leur argent par les fenêtres, le gouvernement devrait offrir aux familles qui ont un revenus inférieur à "x" montant, une allocation qui permettrait aux mères de rester à la maison avec leurs enfants ou encore, une allocation pour les frais d'une femme de ménage. On a plus de temps à consacrer à nos enfants et c'est très dommage car ils n'ont pas à payer pour ça. Résultat, ils passent deux fois plus de temps devant l'ordinateur ou devant les jeux vidéo… Je sais pertinemment bien, que ce n'est pas comme ça pour toutes les familles. Mais malheureusement c'est le cas pour plusieurs des familles du Québec…

De plus, tout deviens de plus en plus informatisé, les compagnies ont besoin de plus d'argent mais la technologie dépasse l'homme alors elles doivent nous remplacer par des ordinateurs et l'homme se retrouve avec de moins en moins d'ouvrage. Par contre, avec de plus en plus de paiements car les hypothèques sont incroyablement élevées et le coût de la vie ne cesse d'augmenter. Tout coûte plus cher alors c'est normal que nous connaissons les plus hauts taux de faillite, les compagnies ne cessent de nous remplacer ou encore pire, de fermée...

Ne vous méprenez pas, il y a du bon à la technologie. Mais le 3/4 de ce qu'on doit inventer, est pour enrayer les effets néfastes de ce que nous avons, nous même créés... Quoi que dans plusieurs domaines la technologie a du positif... Comme les échographies, le vidéo chat avec ma mère en Abitibi alors qu'elle est si loin de moi... Sans internet, je n'aurais jamais rencontré mon chum, donc, je n'aurais pas mes enfants... Sans la technologie, je serais décédée à mon premier accouchement. Alors je ne dis pas que c'est mauvais... Je pense simplement que trop c'est comme pas assez... Un bon retour aux sources s'impose…

Quoi qu'il en soit, on veut tous revenir en arrière d'une certaine manière. La technologie, c'est froid, c'est sans contact. Et là, on veut tous plus de chaleur humaine. On veut retrouver le côté naturel de tout, on veut éviter la pollution. On veut enrayer le racisme, la violence, diminuer la cigarette, contrer l'alcool au volant. De bien belles résolutions.... Que nous n'aurions pas à prendre si nous n'avions pas fait avancer la technologie dans la mauvaise direction...

Alors, maintenant qu'on cherche des sources d'énergies plus naturelles, qu'on veut manger bio car c'est plus naturel, qu'on veut s'habiller bio, car c'est plus naturel, qu'on construit même des maisons "vertes", qu'on prêche l'allaitement et les couches de coton... Jusqu'où irons-nous pour revenir comme le disait si bien Kaïn dans sa chanson "Comme dans l'temps" ???

2 novembre 2010

S'il fallait qu'un jour, la vie t'arrache à moi…

Bonjour tout le monde, la dernière fois que j'ai écrits sur mon blogue, je venais d'apprendre que j'étais enceinte de mon petit Samuel. Près de neuf mois plus tard, je prends quelques minutes pour venir vous écrire.

Tout le long de ma grossesse, j'avais complètement perdu l'envie de faire tout ce que j'adore faire en temps normal, sûrement les hormones... Par contre à présent, je passerais ma journée devant mon portable à écrire et écrire. Mais avec un petit bébé, ce que l'on veut et ce que l'on peut sont deux choses bien distincte...

J'avais envie de vous écrire ce soir, pour vous donnez des nouvelles. Je reviendrai sous peu vous faire part de mon récit d'accouchement. Pour le moment, je ne suis pas encore capable de l'écrire car, je n'ai pas encore accepté ou plutôt digérée tout ce que comporte la naissance de mon fils...

Ma fin de grossesse n'a pas été, disons des plus reposantes. La naissance de mon fils non plus d'ailleurs. Vous savez dans la vie, il y a parfois des moments où l'on se dit, ça va trop bien ce n'est pas normal. Et là tout le monde vous dit : Ben voyons, arrête de t'inquiéter, tout va bien... Mais malgré ces mots d'encouragement, on continue à écouter la petite voix en nous qui nous dit, non, ça ne va pas...

C'est comme ça que ça c'est passé quand mon fils est né. Et mon instinct a eu le dessus sur tout le reste. Ça n'allait pas et ça ne va toujours pas... Une naissance, c'est un moment incroyablement fort en émotion. On assiste "live" à un miracle quand un enfant vient au monde... On assiste à la création de la vie, à l'aboutissement final du résultat d'un amour très fort entre deux personnes. Une naissance devrait toujours être un moment heureux. C'est si fort et intense ce que l'on ressent quand notre regard ce pose pour la première fois sur ce petit être si fragile qu'est notre enfant. Une explosion d'amour se produit alors dans notre coeur et on sait que pour le reste de notre vie, quoi qu'il advienne, on se consacrera entièrement à aimer ce petit enfant et à le protéger coûte que coûte.

La naissance de mon fils, n'a pas été un pur moment intense de bonheur. Elle s'est fait dans le stress et l'angoisse. L'interminable moment où l'on attend de se faire dire, Félicitation madame, vous avez un beau bébé en santé. Je n'ai pas eu la chance d'entendre cette phrase. Oui j'avais un beau bébé, mais on a du sauté la partie où l'on devrait mentionner en santé...

Je suis une mère poule, ou plutôt une mère couveuse, une protectrice qui veut à tout prix que ses enfants soient comblés d'amour et de bonheur. Rien ne compte plus à mes yeux que le bonheur de mes enfants. Rien ne compte plus à mes yeux que mes enfants vivent vieux et en santé. Santé... juste à écrire ce mot j'ai des frissons. Samuel a eu en cadeau, des parents qui l'aime plus que tout, une belle famille qui était prête depuis longtemps à l'accueillir, deux grandes soeurs excitées de le voir et déjà bien en amour avec leur petit frère, des grands-parents dévoués et le meilleur parrain et la meilleure marraine qui soit possible d'avoir. Sans compter nos amis proche qui sont comme de la famille pour nous qui l'aiment tous déjà beaucoup. Il y a pleins de gens qui l'aimaient avant même qu'il voit le jour. Il avait déjà reçu tout cet amour en cadeau avant même de voir la lumière du jour.

Mais, il n'a pas reçu la santé en cadeau...

Je sais, je devrais me réjouir, il n'a pas la leucémie, le cancer ou la sclérose en plaque... Mais il n'a pas la santé qu'un petit bébé mérite d'avoir non plus. Il est né dans un état critique, son coeur a balancé entre la vie et la mort. Heureusement, son choix s'est arrêté sur la vie et depuis, il se bat sans relâche pour survivre. Mais, il a été très malade et il l'est encore.

Samuel, ne respirait pas bien à la naissance, ses poumons n'étaient pas bien développés du tout. Ça lui prenait toute son énergie pour respirer et ça le fatiguait beaucoup. Ça fatiguait également son coeur et c'était très dangereux pour sa vie. Il avait également du liquide dans les poumons et de l'air c'est accumulé autour de son coeur, ce qui le comprimait et l'empêchait de battre correctement. Ils ont du lui faire des injections pour ses poumons, l'intuber et l'opérer pour lui mettre un drain qui allait enlever l'air autour du coeur.

Moi qui attendait depuis des mois de pouvoir prendre mon petit bébé dans mes bras, moi qui est ultra protectrice et possessive avec mes petits bébés, je ne pouvais même pas toucher le miens. La première fois que je l'ai vu, il avait près de 24h de vie. Et je dois vous dire que cette première rencontre a été un choc pour moi. Il avait tellement de difficulté à respirer... C'était difficile à regarder, je n'avais qu'une impression... Mon bébé allait mourir devant mes yeux et je ne pouvais rien faire pour empêcher ça. Je ne pouvais pas croire que je risquais de perdre ce petit bout de ma chair et de mon sang pour qui j'éprouvais tellement mais tellement d'amour. Il devait fournir tellement d'effort pour réussir à faire entrer un peu d'oxygène dans ses poumons, ça lui semblait si difficile d'accomplir une chose qui est innée pour nous et sans effort... RESPIRER...

J'avais l'impression d'être morte, j'avais l'impression d'être en arrêt cardiaque, j'avais l'impression que le temps était suspendu, j'avais l'impression que la terre avait cessé de tourner et pourtant, en même temps, j'avais tellement mal. Je me sentais comme une vitre par laquelle on a lancé une balle de Baseball, je me sentais éclater en des milliers d'éclats de verres...

Ce que j'avais devant les yeux était mon petit bébé et c'était trop lourd à regarder, je n'en pouvais plus, mon coeur n'en pouvais plus, j'avais trop mal, je suis partie. Au fur et à mesure que je quittais les soins intensifs, je me sentais comme la pire des mères du monde, qui abandonnait son enfant seul à son triste sort. Je n'étais pas assez solide pour assister à sa souffrance en direct. J'étais en chaise roulante, ma césarienne me faisait souffrir le martyr mais ce n'était rien par rapport à la détresse de mon coeur causé par la fragilité de mon bébé qui se battait pour sa vie.

Les heures qui ont passés, n'ont fait qu'aggraver cette souffrance. Mon fils dépérissait à vu d'oeil, je sentais la vie, l'abandonner peu à peu. J'avais beau prier, espérer et pleurer toutes les larmes de mon corps, son combat commençait à sembler trop difficile pour lui. Il avait des fils de branchés de partout, un espèce de gros tube sur le nez et la bouche et il recevait tout pleins d'oxygène, mais ce n'était pas assez. Je voulais qu'il aille bien, je voulais le prendre dans mes bras, l'admirer, le cajoler, le bercer, dans le pire des cas, simplement le toucher. Mais je ne pouvais pas et ça me faisait tellement mal.

Et puis, on est venu m'annoncer que mon petit bébé devait être transféré dans un autre hôpital. C'était de la torture, je savais qu'il allait mal, mais je ne voulais pas m'avouer que c'était si pire que ça. Pire encore, il devait partir sans moi, déjà que je ne pouvais le toucher, il serait à des kilomètres de moi, à des kilomètres de mes yeux, à des kilomètres de mon coeur. On ne pouvait pas m'enlever mon bébé, ce n'était pas possible, je ne pouvais pas le croire, je ne voulais pas le croire... Pourtant, c'était bien vrai... C'était la réalité... Je savais que c'était pour qu'il aille mieux, mais moi, tout ce que je voulais c'était de pouvoir prendre mon bébé, de célébrer sa naissance, de vivre ce moment dans le bonheur, de le partager avec les gens que j'aime. De vivre sa naissance, comme on célèbre une naissance en temps normal. Mais là, rien n'était normal.

Je n'arrivais plus à respirer tellement je pleurais, l'air me brûlait les poumons comme du feu, je voulais mourir. J'avais tellement peur pour sa vie, si je n'avais pas eu mes deux autres filles et qu'il serait arrivé quelque chose à mon petit bébé, je ne sais pas ce que j'aurais fait. Jamais dans toute ma vie, je ne m'étais sentie dans une telle détresse. Je ne savais plus à quoi m'accrocher. Mais il faut toujours le fond, pour se donner un air d'aller et revenir à la surface. Et c'est ce que j'ai fait...

Une fois rendu au Children, Samuel s'est mis à aller mieux. Il recevait les soins adéquats et son état s'améliorait... On a pu revenir à Pierre-Boucher au bout de 4 jours. Il avait toujours des fils de brancher un peu partout mais au moins, on pouvait le prendre, le toujours, le regarder de près, centimètre par centimètre, le sentir, ça sent tellement bon un petit bébé... Il a continué à prendre du mieux côté respiratoire mais il a commencé à vomir et à ne pas garder son lait. On a vite compris que comme sa soeur Sophie, il ne tolérait pas le lait normal. Les médecins ont donc décidé de le mettre sur un lait anti-allergène. Ça bien fonctionné au début, il ne vomissait plus du tout, tout allait bien. Enfin, mon petit bébé allait reprendre le dessus et dans quelques temps, on allait parler de tout ça au passé...

ERREUR, il a commencé à régurgiter, et à faire du reflux. Il avait beau avoir du lait spécial, il faisait quand même du reflux. On a quand même eu notre congé de l'hôpital, il avait une petite infection dans sa plaie où était installé son drain mais sinon, il était assez bien pour enfin rentrer à la maison, où il était fort attendu... La première nuit à la maison, ne fût pas sans difficulté. À son boire de 2h00, il s'est mis à vomir, par la bouche et par le nez. Et il s'est étouffé, j'avais beau lui tapé dans le dos, il était complètement étouffé, il ne respirait pas, ne semblait pas être capable de reprendre son air. J'étais larguée, paniquée, effrayée. Je ne pouvais pas croire qu'alors qu'on pensait que tout allait bien que mon bébé allait me mourir ça dans les bras, étouffé par son lait. JE NE VOULAIS PAS. Je l'ai couché sur le ventre sur mon avant bras, je l'ai penché la tête par en bas et je lui ai tapé dans le dos. Il était tout mou, inanimé, bleuté et n'avais aucune réaction. Je lui disais de respirer, de se battre de ne pas me faire ça, ça n'y changeait rien, il ne respirait toujours pas. J'ai crié à mon chum de venir, je voulais qu'il appel un ambulance, mon fils était en train de mourir et j'avais beau faire tout ce qui était en mon possible de faire, je n'arrivais pas à le sauver. Quand mon chum est entré dans la chambre, j'ai entendu un petit étouffement, puis un autre et soudain un hurlement. Vous savez, le genre d'hurlement qu'on entend quand un bébé naît, comme le premier cri. Je pouvais me remettre à respirer, mon bébé pleurait. Je n'avais jamais été aussi heureuse d'entendre mon bébé pleuré, ça voulait dire qu'il était en vie. Il aurait pu pleurer toute la nuit, ça ne m'aurait pas dérangée, car il était en vie...

Deux jours plus tard, j'ai vu la pédiatre, elle lui a prescrit un médicament contre le reflux qui n'a rien fait du tout. Mon bébé, vomissait en jet et en grosse quantité. Dans ces moments là, tout le monde a une théorie, et tout le monde pense que le médecin ce trompe... Moi et mon chum, on était rendu stressé de faire boire notre petit coeur, on avait peur qu'il vomisse ou encore pire qu'il s'étouffe... Comme il continuait de vomir, nous sommes retourné chez le pédiatre et nous avons eu une prescription pour un médicament contre le reflux plus fort. Au bout de deux jours, nous avons vu une amélioration, il vomissait en jet une fois seulement par jour au lieu de six fois. Mais après deux autres journées, il s'est remis à vomir et à vomir... L'inévitable arriva, mon petit bébé s'est encore étouffé, son vomit lui avait sortie par la bouche, le nez et les coins de yeux. Je ne savais même pas que du vomit pouvait sortir de là... Peut importe, il ne respirait plus, commençait à devenir bleuté et je me disais que j'avais eu de la chance la première fois, mais allais-je être aussi chanceuse cette fois-ci ??? Heureusement oui, mais croyez-moi que le lendemain matin, je me suis pointée au Children pour éclaircir ça avec un pédiatre. Ce n'est pas vrai que j'allais laisser mon bébé vomir de la sorte...

Après un écho en long et en large de sa bedaine, les pédiatres n'ont trouvé aucune malformation, aucun problème visible à l'échographie. Avec un gastro-entérologue, ils en sont venus à la conclusion de doublé sa dose de prévacide, son médicament contre le reflux. Ce qu'on s'est empressé de faire... Miracle, nous avons eu un beau 48h sans régurgitation, sans vomissement. Malheureusement, nous avons crié victoire, un peu trop vite... Samuel s'est remis à vomir une fois par jour, en jet, par la bouche, le nez et les yeux. Et il régurgite de plus en plus chaque jour. Et ce soir, encore une fois, il s'est étouffé, il a cessé de respirer et il est devenu tout mou et bleuté. Le positif dans tout ça est que j'ai réussi à le débloquer et à faire en sorte qu'il recommence à respirer.

La question est de savoir, combien de fois je vais réussir ??? Pourquoi, personne ne trouve ce qu'il a. Vais-je devoir faire tous les hôpitaux pour enfant jusqu'à ce que quelqu'un trouve son défaut de fabrication ??? Et si la prochaine fois, je ne réussissais pas à le ramener, et si il mourrait dans mes bras ? Et si je devais me sentir coupable le reste de ma vie parce que cette fois-ci, je n'ai pas réussi à le sortir de son étouffement ??? Ça ne peut plus durer, mon fils se lamente, se tortille et pleure toute la journée parce qu'il a mal. Il vomit, ça lui sort de partout et il s'étouffe à en devenir bleu. Et moi, je devrais rester là sans rien faire parce que personne ne trouve ce qu'il a. Parce que tous les examens sortent normaux.

Je veux bien être positive et me dire qu'un jour tout ça sera derrière nous, qu'il ira bien et qu'il me fera vivre l'enfer en faisant des mauvais coups. Mais pour le moment il ne va pas bien, ça s'améliore pendant quelques jours et ensuite ça redeviens aussi pire que c'était. Qu'est-ce que je dois faire, attendre qu'il meure et espérer qu'ils trouvent ce qu'il avait lors de son autopsie ??? J'ai beau être fatiguée, épuisée, stressé, épeurée, me sentir seule et être terrifiée à l'idée que mon petit bébé lou meurt. Chaque fois qu'il pleure, je me sens tellement soulagée.

Je ne sais plus vers qui me tourner, à quelle porte aller cogner, mais je vais continuer jusqu'à ce que quelqu'un trouve ce qu'il a, jusqu'à ce qu'il cesse d'être malade. Peut importe le nombre de temps que ça prend, je vais trouver quelqu'un pour le guérir. En attendant, c'est de la torture pour mon coeur de mère de le voir souffrir. Et une chose est certaine, son arrivé dans ce monde aura fait de moi une toute autre personne. Plus jamais je ne serai celle que j'étais avant le 20 septembre 2010. Je suis différente et je le sais, je le sens. Présentement je concentre mes énergies sur mon petit bébé malade et aussi à ne pas négliger mes deux autres amours, Camille et Sophie. Je ne dois pas non plus négliger mon travail, ni mon conjoint, ma famille et mes amis (es). Mais une chose est sure, je vais devoir à un moment ou l'autre prendre le temps de découvrir celle que je suis devenue car après tout ce que je viens d'endurée, il est de toute évidence clair, que je ne serai plus jamais la même…

Désolée de faire dans le mélodrame ce soir, mais il fallait que j'écrive tout ça pour être capable d'arrêter de pleurer. Merci à tous ceux qui prendront le temps de me lire et d'ajouter un petit commentaire…

Nadia
xxx